L’Art de se faire du bien.

1. Pourquoi l’Art de se faire du bien ?

Parce que se faire du bien, c’est tout un art, ça s’apprend, parce qu’on ne nous a pas vraiment appris à nous faire du bien. On nous a transmis des savoirs, des croyances, des clés, des outils, pour réussir sa vie : travailler à l’école, faire des études, acquérir un diplôme, être responsable, faire des choix responsables, utiliser sa raison, son intellect, etc. Mais se faire du bien ? Quand nous a-t-on appris à nous faire du bien ? Quand nous a-t-on autorisé à nous faire du bien ? A nous considérer nous-même, comme une personne importante ? A prendre soin de nous ? A nous respecter ? A nous écouter ? A créer ?
L’idée est acceptée de plus en plus. On le voit bien. A travers toutes les activités proposées autour du bien-être, à travers tous les livres de développement personnel, etc. Mais jusque très récemment, et toujours encore pour certaines personnes, l’idée de se faire du bien, de prendre du temps pour soi, était perçue comme égoïste.
Derrière le choix de ce thème, il y a avant tout mon expérience, mon propre chemin, mes propres découvertes, au fond desquelles se situe, pour moi, l’universalité de l’expérience, la découverte qu’on ne peut comprendre le monde que si l’on parvient à se comprendre soi, et pas l’inverse.
Nous sommes partis à la conquête du monde, nous sommes partis découvrir des territoires, des terres inconnues, des mers inconnues, des peuples, etc. et après avoir fait le tour de monde, nous sommes revenus. Nous avons fait le tour de la terre. Nous l’avons explorée. Nous l’avons exploitée. Nous sommes allés au bout de ses ressources. Ou presque. Et maintenant que reste-t-il ? Le seul voyage que nous n’ayons encore véritablement accompli, c’est le voyage intérieur. Certains l’ont fait, et ils en ont parlé. Mais si ce voyage ne se fait pas tout seul, à travers sa propre expérience, ce n’est pas un véritable voyage. C’est un récit, fait de mots, encore, et nous avons utilisé trop de mots. Nous avons utilisé notre intellect et notre raison pour comprendre et découvrir, ce qui nous a amenés exactement ici aujourd’hui, et tout est donc parfait, mais « le plus grand voyageur n’est pas celui qui a fait dix fois le tour du monde, mais celui qui a fait une seule fois le tour de lui-même. » Gandhi Après avoir exploré toutes les possibilités de s’enrichir, de mieux vivre, à l’extérieur, nous avons commencé à comprendre que l’accumulation de choses extérieures ne suffisait pas à nous rendre heureux. Et parce que nos modes de vie actuels ne sont plus entièrement satisfaisants, nous avons commencé à chercher ailleurs. Tout va très très vite. Les choses s’accélèrent, la technologie, la communication, nos rythmes de travail, qui ne nous laissent plus beaucoup de temps pour souffler, pour respirer, pour juste prendre le temps, de voir, de sentir, de ressentir. On dit que le temps passe vite. Alors si nous nous posions deux minutes pour prendre le temps de voir ce qu’il se passe réellement. De quoi sont faites nos vies ? Travail, emploi du temps chargé, contraintes, activités … Pour peu que l’on ait des enfants : trajet à l’école le matin, trajet le soir, rituels du soir, activités extra-scolaires … Même les moments de détente semblent chronométrés. Et quand est-ce qu’on se pose réellement ? Quand est-ce qu’on se fait du bien ? Quand est-ce qu’on prend le temps d’être là, ici, maintenant, sans penser à rien d’autre ?
Parce que nous ne prenons pas le temps de faire cet état des lieux, c’est souvent la vie qui nous rappelle à l’ordre, sous la forme d’un accident, d’un drame, d’un obstacle sur le chemin, d’une maladie, lorsque le corps se met à parler, lorsque le mal « a dit ». Et alors il nous devient moins facile de ne pas voir. La vie nous offre parfois le temps nécessaire que nous n’avons pas voulu prendre plus tôt. Je dis « voulu » et pas « pu » parce qu’en réalité nous avons toujours le choix. Mais nous sommes tellement persuadés que nous sommes obligés de fonctionner comme ça, pour des raisons économiques, parce que la vie est comme ça. Mais c’est faux. La vie, notre vie n’est que le produit de nos choix et nous avons toujours le pouvoir de dire non, de refuser, en réalité, quelque chose qui ne nous convient pas. Si le malaise se fait sentir, si nous sentons à l’intérieur que quelque chose ne colle pas, rien ne nous oblige à continuer, si ce n’est nos croyances, sur ce que sont les choses, sur ce qu’est la vie, sur le fonctionnement des hommes. Et il faut parfois entendre de nouvelles choses, de nouvelles données, qui résonnent en nous, qui nous font du bien, pour découvrir qu’il existe une autre voie. Que ce que nous vivons n’est PAS une fatalité. Que d’autres ont découvert de quoi révolutionner nos vies. Encore faut-il être prêt à subir une révolution. Et on est prêt quand on n’est vraiment plus satisfait.
En ce qui me concerne, tout a commencé à changer lorsque j’ai commencé à chanter. L’étape numéro 1 donc, consisterait à faire ce qu’on aime faire, ce qui vibre en nous, et que nous avons choisi de ne pas faire ou de ne plus faire jusqu’à présent, pour tout un tas de raisons. J’ai ensuite découvert que le malaise latent, l’insatisfaction récurrente que j’avais pu ressentir face à mon métier, remontait à la surface. Et là, une fois que l’on commence à se faire du bien, à re-sentir les choses à nouveau, à vibrer, d’une manière ou d’une autre, on se rend compte qu’on ne peut plus du tout continuer à faire des choses qui ne nous font pas du bien, qui ne nous font pas vibrer, et que l’on n’a plus, mais plus du tout, envie de se forcer. Et que la vie ce n’est surtout pas ça ! On se pose donc, on prend conscience de certaines choses, qui vous semblent évidentes à présent. On prend conscience qu’il y a quelque chose à changer. Et là, la vie, petit à petit, reprend ses droits. Non seulement la vie reprend en vous, se rallume, mais à l’extérieur aussi des choses commencent à se produire.

2. Se poser et se faire du bien pour ENTENDRE.

Lorsque vous allumez ou rallumez une petite étincelle en vous, animée elle-même peut-être par quelque chose d’extérieur, une rencontre, un livre, un discours … cela ouvre des portes par lesquelles d’autres choses commencent à passer, à entrer, à résonner … que vous êtes en mesure d’entendre à présent, parce que vous avez fait taire un peu le bruit ambiant. Il y a de l’espace à présent. Quand il y a du bruit, de l’agitation en permanence, comment voulez-vous entendre quoi que ce soit ?! Vous avez juste envie de vous vider le cerveau en mode « je déconnecte », je mets les boutons sur off et je me lobotomise le cerveau devant la télé éventuellement. Le problème, c’est qu’au bout d’un moment, ce n’est plus satisfaisant. On sent bien que quelque chose ne va pas, que tout ceci n’est pas très épanouissant. Lorsqu’on commence à se faire du bien, c’est comme si on allait de « bien » en « bien » et de mieux en mieux !
L’étape numéro 2 consisterait à suivre ses élans, son inspiration, son instinct, son intuition. Vous réalisez tout d’abord que quelque chose cloche et vous avez une sorte d’épiphanie, de révélation, d’évidence. En ce qui me concerne, ça a été : « Mais qu’est-ce que je fous là (bordel) ? » ou « Quelles que soient mes faiblesses, je ne mérite pas, mais pas du tout de subir la colère, les critiques et le mépris de qui que ce soit ! Ni cette tristesse que je ressens d’ailleurs. » et « On n’a qu’une vie. On ne peut pas passer à côté. La vie, ce n’est pas ça ! ». Je me suis demandée : « S’il me restait une semaine à vivre, qu’est-ce que je changerais à ma vie ? » … et j’ai commencé à changer. J’ai commencé à tendre vers la vision de la vie de mes rêves. Je me suis rendue compte que ce que je vivais et la manière dont je le vivais ne correspondaient pas du tout à l’image que je me faisais d’une vie heureuse, et que ce n’était pas du tout ce que j’avais envie de vivre. Je me suis également demandée comment je pouvais rendre ma fille heureuse si moi-même je ne l’étais pas.
Alors je suis partie à la recherche du bonheur ! Et j’ai commencé à créer ma vie.
J’ai suivi mon instinct qui me hurlait de trouver un livre. En écoutant “par hasard” une conférence sur internet, le conférencier mentionne un livre qui me parle vraiment et qui résonne en moi. Je crois aujourd’hui que nous ne sommes pas seuls à faire nos propres choix, soit-disant basés sur la raison, mais que les choses parfois aussi nous appellent à elles. J’ai commandé ce livre, qui s’est avéré être l’un des livres les plus inspirants qu’il m’ait été donné de lire. Puis j’en ai trouvé un autre, “par hasard” encore, qui a changé ma vie : Libérez votre Créativité de Julia Cameron. Et j’ai commencé à écrire tous les jours, tous les matins, trois pages par jour. Et écrire, c’est petit à petit trouver sa propre voix, et ne finir par ne plus entendre que cette voix-là, celle qui vous appartient, et n’appartient qu’à vous. Pas celle de vos parents, de la société, de vos profs, des gens qui vous entourent, mais la vôtre.
Ecrire, c’est un des outils pour commencer à s’écouter. Il faut pouvoir prendre le temps de se poser pour écrire ce qu’on aime, ce qu’on veut, ce qu’on ne veut plus du tout, retrouver ce qui nous faisait vibrer, avant que l’on ne soit imprégné des discours ambiants, des discours alarmistes, des discours négatifs, qui viennent recouvrir ce que vous êtes vraiment, ce que vous êtes au fond. C’est laisser la place à ce que vous êtes de s’exprimer. Et cela ne peut s’exprimer que si l’on fait un peu de silence dans tout ce brouhaha, dans tout ce bruit ambiant.
Commencer à se poser et se faire du bien, c’est commencer à se respecter, à se prendre en compte, à s’apprécier, à s’aimer, parce qu’en réalité, nous méritons autant que n’importe qui de nous faire du bien, de prendre soin de nous. Il faudrait arriver à se percevoir comme l’on perçoit quelqu’un qu’on aime véritablement et à qui l’on veut du bien, que l’on traite avec bienveillance. Il faudrait retrouver une estime de soi et arriver à percevoir que l’on est parfait comme on est. Que tout ce que l’on a vécu avant nous a permis de devenir qui l’on est, de prendre conscience aujourd’hui de ce que l’on est. Que chaque étape vous a amené à la suivante. Que vous avez grandi grâce et en dépit de ce que vous avez vécu. Que tout ce que vous avez vécu de beau vous a rempli et enrichi. Et que tout ce que vous avez vécu de laid et de pire vous a également permis d’en arriver là aujourd’hui, de savoir ce que vous ne voulez pas ou plus du tout dans votre vie, ce qu’est la vie, et ce qu’elle n’est surtout pas.
Suivre ses inspirations et ses élans c’est suivre ce que nous dicte la vie, c’est suivre la juste nature des choses et de ce que l’on est. C’est laisser faire la vie et la laisser s’exprimer à travers nous, qui sommes une partie de cette nature et de cette vie. C’est se laisser guider et se découvrir. C’est aller vers tout ce qui nous permet de grandir, de nous enrichir, de nous connaître davantage et de connaître le monde. Parce qu’on ne peut comprendre le monde qu’en apprenant à se connaître soi. Le monde n’est que la manifestation de ce que nous sommes. Et il n’y a qu’un moyen véritable d’appréhender le monde, et c’est à travers soi.
J’ai tout d’abord compris en quoi se faire du bien constituait une véritable révolution, au niveau individuel. Parce qu’elle m’avait amené à entendre en moi et à entendre résonner depuis l’extérieur tout ce que j’avais besoin d’apprendre pour grandir, me découvrir et découvrir, à travers mes lectures et les discours que j’écoutais, les informations dont j’avais besoin pour aller plus loin, pour m’accomplir, pour m’épanouir, pour m’exprimer telle que j’étais vraiment.
Il ne faudrait lire et écouter que ce qui résonne en vous en réalité, ce qui vous parle, ce qui vous fait du bien, ce qui vous réchauffe le ventre. J’avais l’impression de bouillir à l’intérieur lorsque j’entendais quelque chose qui résonnait en moi. J’avais parfois l’impression d’entendre tout ce que j’avais rêvé d’entendre toute ma vie. Je pourrais vous dire quels ont été les livres qui m’ont le plus inspirée, qui m’ont le plus parlé. Mais je crois qu’il incombe à chacun d’aller trouver ses propres livres, ses propres inspirations. Ce qui m’a parlé ne vous parlera peut-être pas. Suivez votre instinct, votre intuition. Allez vers ce qui résonne en vous.

3. Trouver sa propre voix c’est DEVENIR SOI.

Et devenir soi, c’est exprimer pleinement ce que l’on est au-delà du regard des autres et de son propre regard ou de son propre jugement. L’auto-critique est aussi, peut-être encore plus que le regard des autres, le pire jugement et la pire des prisons qui soit. Se critiquer, se sous-estimer, se flageller … c’est souvent cette voix-là qui nous empêche de réaliser tout ce qu’on aimerait être et faire au fond. Voix basée sur ce que l’on croit être, à partir de nos expériences passées, des discours entendus et des croyances reçues.
Et devenir soi c’est enfin se sentir à sa place. C’est être en phase avec soi. C’est aligner ce que l’on est, ce que l’on dit, ce que l’on vit, ce que l’on fait. C’est se sentir juste et légitime. Et c’est donc : retrouver sa confiance en soi. C’est faire des choix qui correspondent exactement à ce que vous êtes. Sans penser à ce que les autres pourraient bien en penser. Et c’est ne plus avoir aucun doute quant à ce qu’on fait ou ce qu’on a à faire parce que c’est évident. Et c’est découvrir que la vie vous amène comme par magie ce qu’elle vous a tout d’abord susurré à l’oreille. C’est suivre ses intuitions, ses élans et rencontrer la bonne personne, tomber sur l’opportunité adéquate. C’est attirer à soi ce qu’on avait envisagé. C’est se rendre compte que tout est fluide et simple lorsque l’on s’écoute. Et tout est plus léger aussi. C’est découvrir qu’on a le pouvoir de créer sa vie. Qu’on ne subit rien du tout. Que rien n’est imposé, si ce n’est ce que l’on s’impose à soi-même. Qu’il n’existe aucune limite à ce qu’on pourrait être ou entreprendre, si ce n’est les limites que nous nous fixons nous-mêmes.
Et devenir soi c’est avoir l’impression d’ôter un poids énorme que l’on avait même plus conscience de porter tellement l’on s’était habitué à ce poids. C’est comme ôter des chaussures trop petites et se rendre compte qu’on avait fini par oublier qu’on les avait aux pieds.
Et devenir soi c’est retrouver donc l’estime de soi, la valeur de ce qu’on est : précieux. Et on n’a pas le droit de gâcher, de gaspiller quelque chose de précieux. Il faut en prendre soin. Il faut le protéger. Il faut le mettre en valeur. Il faut l’apprécier. Et oui donc il faut s’aimer. Apprendre à s’aimer, aussi difficile cela puisse-t-il être pour certains. Surtout pour ceux qui ont fini par croire qu’ils n’avaient aucune valeur. Parce que tout le monde est précieux. Il n’existe pas une seule personne sur cette terre qui ne soit pas précieux. Il pourrait nous sembler que ceci n’est pas le cas. Mais ce que sont les gens, au fond, est précieux. Peut-être pas la manifestation de leur conditionnement et de leur programmation, mais ce qu’ils sont au fond et en réalité, est précieux. Et s’aimer inconditionnellement, s’accepter inconditionnellement, comme l’on est, maintenant, c’est refuser de se faire du mal, c’est prendre en charge la responsabilité de son bien-être et ne plus laisser à quiconque cette responsabilité-là. Personne ne vous brutalise ou ne vous fait du mal, sans votre consentement. Une fois adulte en tout cas. Il faut recouvrer le pouvoir que nous avons de dire non, de choisir, ce qui nous convient, ce qui ne nous convient pas ou plus, de faire ses propres choix, en conscience. Et plus l’on se fait du bien, plus l’on devient réfractaire à l’idée que d’autres puissent nous faire du mal, à l’idée de laisser les autres nous faire du mal. Alors nos choix se font, différents, et on ne choisit plus que, petit à petit, ce qui nous fait du bien.

4. S’AIMER et S’ACCEPTER c’est ne plus avoir à attendre de l’autre qu’il nous accepte, qu’il nous aime et qu’il vienne valider ce que nous sommes. C’est DEVENIR LIBRE.

C’est se libérer du jugement, de la validation de l’autre et c’est le laisser libre d’être également ce qu’il est. C’est ne plus l’emprisonner, ne plus le forcer, ne plus le supplier (sans mots mais à travers chacun de nos actes) de nous aimer, de nous protéger, de nous apporter ce dont il nous semble manquer. Parce que découvrir qui l’on est c’est découvrir que l’on ne manque de rien, si ce n’est que jusqu’à présent nous pensions que notre passé et nos expériences douloureuses étaient en partie ce qui nous définissait, d’où ce sentiment de manque, de peur, ce besoin de combler par n’importe quel moyen le vide et la tristesse -ou ce qui nous avait peut-être semblé comme un manque d’amour, d’attention, de bienveillance à notre égard- ou encore la malveillance, la maltraitance ou la violence subie.
Vivre des relations saines c’est avant tout vivre une relation saine avec soi-même. La susceptibilité, la colère, la jalousie, pour ne citer que quelques émotions fortes à l’origine de problèmes dans nos relations, sont toutes issues de notre propre relation à nous-mêmes et de nos expériences passées. Si je suis susceptible, c’est que ce que l’autre me dit fait résonner en moi quelque chose de désagréable, de douloureux, qu’à priori j’occulte, et que je n’ai pas réglé. Si le comportement de l’autre ou son discours me gênent, d’une manière ou d’une autre, c’est qu’il y a en moi une caisse de résonance. S’il n’y avait rien en moi en accord avec ce que l’autre dit, cela ne provoquerait aucune réaction chez moi. Conclusion : toute colère, toute émotion négative, est une opportunité de voir des choses en soi que l’on a besoin de régler pour s’en dégager et ne plus subir ce conditionnement, ce programme qui se déclenche sous la même forme depuis longtemps. Est-ce qu’on peut changer ? Oui. En prenant conscience de ce qui se passe. En s’observant. En écoutant. En s’interrogeant. Et s’interroger, demander, c’est s’ouvrir à recevoir une réponse. Et la réponse viendra, si vous savez écouter.
Se faire du bien et ne faire plus que ça, c’est également devenir incapable de faire du mal aux autres. C’est développer son altruisme et sa sensibilité à l’égard des autres.

5. La révolution individuelle devient une REVOLUTION COLLECTIVE.

Parce que si je change moi, le monde change. Si je m’aime assez et si je me respecte assez pour ne me faire aucun mal, je ne peux plus faire de mal à qui que ce soit. Je ne peux plus attendre de l’autre qu’il soit différent de ce qu’il est si je m’accepte entièrement comme je suis. Et si je comprends que je suis moi-même conditionné et programmé à réagir de telle et telle manière, je comprends que l’autre ne peut réagir différemment non plus. A moins de prendre conscience de ce conditionnement et de le voir comme tel : un conditionnement, un mécanisme, un programme entré comme dans un ordinateur qui nous fait ressentir telle émotion face à tel stimuli. Et nous fonctionnons principalement par habitude. C’est la raison pour laquelle nous avons tant de mal, pensons-nous, à changer. Mais si j’observe mes comportements, si je prends du recul, si je tais cette voix intérieure qui parle tout le temps, qui commente, qui juge, qui critique, moi et les autres, si j’observe simplement, alors je fais de la place, de l’espace, pour que d’autres choses entrent. Et si je laisse entrer de nouvelles choses, je commence à emprunter un chemin différent.
C’est pour cela qu’il est essentiel d’observer, de s’observer, agir, réagir, ressentir des émotions, être. Que se passe-t-il en moi à ce moment précis ? Qu’est-ce que je ressens ? D’où cela provient-il ? Il est essentiel de voir, d’être témoin. D’être spectateur du tableau, de la pièce, du drame, en train de se jouer. Et soi l’on s’implique et l’on s’imagine n’être que le personnage, conditionné, programmé, soit l’on prend conscience que derrière le personnage existe l’acteur, qui devient en réalité spectateur lui aussi du drame. Et en devenant spectateur de la scène, on continue de ressentir des émotions mais on n’est plus impliqué de la même manière que le personnage. On devient conscient que le drame en train de se jouer n’est pas vraiment le nôtre. C’est un film, un jeu en quelque sorte. Dans la vie, en réalité, nous sommes à la fois acteur et spectateur, et n’être qu’acteur, c’est passer à côté du film, de la vie. C’est n’avoir qu’une vision réduite du tableau. Toute la dimension se situe dans la conscience des choses, et dans l’oubli de soi, du petit moi.

6. Le « petit moi » et le « grand moi »

Il y a en chacun de nous un petit moi et un grand moi. Un petit moi programmé, inconscient, et un grand moi, conscient, de ce que sont les choses, du pourquoi, du comment, de la destination. Un moi social et un moi essentiel. Et plus l’un et l’autre sont alignés, en phase, plus vous vous sentirez léger, serein, confiant. Mais pour cela il faut être authentique, et ne pas se mentir à soi-même, sur ce qu’on est, sur la place qu’on occupe, qui nous correspond ou pas. Et si un malaise persiste en nous, c’est que nous ne sommes pas exactement à notre place. C’est que nous n’avons pas découvert ce que nous avons à découvrir pour être vraiment nous.
Pour être vraiment soi, il faut pouvoir voir dans un premier temps le conditionnement, pour s’en dégager, pour prendre de la distance. Et si je réalise que ce que je pensais être, ma personnalité, n’est que le fruit d’un conditionnement, alors qui suis-je en réalité ? Que suis-je au-delà de la programmation ? Je ne peux pas n’être que cela parce que cela reviendrait à dire que je suis une machine. Et nous savons bien que nous ne sommes pas des machines. Est-ce que certaines personnes ont un comportement de machine de nos jours ? Oui. Et qu’est-ce qui différencie un humain d’une machine ? La sensibilité, le cœur. Peut-être aussi la prise de risques, le geste inattendu, improbable, non anticipé, surprenant. Alors en réalité, notre tâche aujourd’hui n’est peut-être réellement que de nous rapprocher de ce cœur, de cette sensibilité, de ces élans intuitifs non raisonnés, dont nous nous sommes éloignés en pensant aller trouver plus de confort, plus de sécurité, pour combler ce dont nous pensions manquer. Ce dont nous pensions manquer parce que nous nous sommes identifiés à cette personnalité construite à partir de nos expériences, heureuses et malheureuses, douloureuses, qui nous ont fait prendre conscience du manque d’amour vécu, ou tout simplement ressenti. Et nous sommes donc partis à la recherche d’amour, d’attention, de confort, de ré-confort. Mais là, il devient évident aujourd’hui que tout ce que l’on est allé chercher à l’extérieur toute notre vie, ne se trouve pas à l’extérieur. Parce que finalement, si même marié(e), avec des enfants, une maison, des amis, un travail, des vacances, … les gens ne parviennent toujours pas à être heureux, ressentent un malaise, s’ennuient, se questionnent, consomment toujours plus, et vont voir des psys, entrent en dépression, ou se suicident, c’est certainement que quelque chose ne tourne pas rond. Et ne croyons pas, même si cela ne nous touche pas, la maladie, la dépression, le suicide, que cela n’est tout de même pas représentatif d’un malaise collectif, global, susceptible de toucher tout le monde. Les gens se suicident parce que le monde va mal. Et si le monde va mal, c’est que les gens vont mal et voient mal.

7. Penser, c’est créer.

Parce que parmi les plus importantes prises de conscience qu’il m’ait été donné de vivre ces dernières années, la plus fondamentale est celle qui consiste à comprendre que le monde n’est pas une réalité extérieure à soi, qui existe per se, indépendamment de ce que nous sommes, une sorte d’entité extérieure que l’on observe et dont on tire des conclusions. Non. Le monde extérieur n’est que le reflet de ce que nous avons en nous. Pensées, visions, énergie, croyances. Le monde extérieur n’est que la manifestation de ce que nous pensons. Et donc imaginer un autre monde, penser un autre monde, c’est créer un autre monde.
Au début du siècle, on découvre que tout est énergie. Qu’au-delà de l’atome existent d’autres particules, à l’intérieur desquelles vibre de l’énergie. Et que tout, donc, sur cette terre, et dans l’univers, n’est qu’énergie. Tout vibre. Et donc tout ce que je dégage comme énergie va capter tout ce qui vibre sur les mêmes ondes vibratoires. Et donc pour que quelque chose devienne réalité, en gros, je n’ai juste qu’à y penser ! Ou presque … En théorie, oui. Mais qu’est-ce qui nous empêche donc de réaliser tout ce que l’on souhaite ? Nos croyances. Inscrites en nous, comme un patrimoine génétique, hérité de générations en générations. Notre patrimoine familial, culturel, collectif, etc. Au départ, c’est comme si nous étions un potentiel pur d’énergie, capable de devenir tout ce qu’il est destiné à être, et petit à petit, le lieu où nous naissons, la famille dans laquelle nous évoluons, l’éducation que nous recevons, les croyances transmises, notre conditionnement donc, vient recouvrir ce potentiel, cet immense champs de potentialités. Et notre petit moi finit par croire, à travers les expériences qu’il vit, qu’il n’est peut-être et sûrement pas capable de réaliser certaines choses, que nous n’avons pas le contrôle sur notre vie et qu’il ne nous reste qu’à subir notre vie, parce que les choses sont “comme ça” ! Que notre part de responsabilité dans le déroulement de nos vies est minime, que nous sommes contraints de subir tout un tas de données extérieures qui ne nous concernent pas et sur lesquelles nous n’avons aucun poids … alors que nous avons un pouvoir immense. Mais qui voudra bien vous dire cela ? Il faudra peut-être sortir des sentiers battus pour écouter, entendre, et le découvrir par vous-mêmes ?

8. Pourquoi est-il encore difficile pour certains de se faire du bien et surtout de l’assumer et de le revendiquer ?

Parce que cela peut être perçu comme de l’égoïsme, surtout dans une société judéo-chrétienne où le sacrifice est mis en avant, où l’autre revêt parfois une importance plus grande que soi-même. En tout cas à partir de certaines interprétations faites des textes sacrés. On se sacrifie pour son mari ou sa femme (plus rarement), pour ses enfants. On sacrifie son bien-être pour son travail, parce qu’il faut bien vivre ! Mais en fait on ne vit plus. On ne ressent plus. On ne vibre plus. Gagner sa vie ? Mais en réalité on ne devrait même pas avoir à gagner sa vie ! Cela reviendrait à dire qu’il faut se battre d’une manière ou d’une autre pour avoir le droit de vivre ! Ha ha ! Mais personne n’a à acheter ce droit. Et personne ne devrait se battre pour revendiquer ce droit à la vie ! La vie appartient à tout le monde. Je dirais plutôt que tout le monde est la vie. En réalité il n’existe pas de séparation. Nous sommes la vie. Nous sommes issus de la même énergie. Et nos cellules sont issues de cette même énergie.

CONCLUSION

En commençant à faire ce que j’aimais, ce que j’avais en moi, à me poser et à entendre ce qui vibrait, ce qui résonnait en moi, depuis l’extérieur, j’ai découvert qui j’étais moi, à l’intérieur. Et je pense que le jeu est là : découvrir qui l’on est. Et puis le transmettre. Parce que l’enjeu, derrière tout ça, aujourd’hui, c’est de sauver notre planète. Et sans conscience, sans prise de conscience, de ce que nous sommes réellement, au-delà des apparences, nous courrons à notre perte, messieurs dames. Nous sommes la première et la seule espèce sur cette terre à être consciente, consciente de son évolution, et consciente de son propre impact sur cette évolution. Utilisons donc cette conscience pour rester en vie ! Et profiter un peu plus de cette expérience !
En commençant à laisser s’exprimer ce qui venait de moi et à faire de l’espace en moi, j’ai découvert que je n’avais pas à subir la vie qu’on m’imposait, mais que j’avais le pouvoir, que nous avons tous, le pouvoir de créer nos propres vies, de co-créer en quelque sorte avec la vie. C’est aussi simple que ça 😉
J’étais partie à la recherche du bonheur et j’ai trouvé bien plus … J’ai trouvé le sens derrière tout ça. L’essence de la quête. J’ai appris en chemin que plus encore que la destination, rien n’est plus important que le voyage ! Ici, maintenant, tous les jours. J’ai compris qu’il n’est pas question d’être pleinement heureux tous les jours, à 100%, c’est impossible, mais qu’il existe une part de nous qui elle peut être sereine, en paix et épanouie, en toute circonstance. En acceptant ce qui est. Que nous sommes tellement plus que notre histoire, notre programmation, notre conditionnement. Et que nous sommes capables de tout parce que nous sommes TOUT ! Et que nous ne regardons souvent le tableau que de notre propre point de vue, sans comprendre qu’il existe une vue d’ensemble, que nous n’avons pas. Et que tout est peut-être parfait, pour peu qu’on apprenne à le voir ainsi.
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